Inspirations d’humeur responsable

Survival International, décoloniser le langage de la conservation

Chargé de plaidoyer pour Survival International, Martin Léna explique l'importance de cette ONG qui défend les droits des peuples autochtones en relayant leur parole dans le mode et empêche l'anéantissement de ces peuples...Une conférence enregistrée lors des Monkey Notes pendant le festival Pete the Monkey 2022

Nous ne sommes pas séparés de l’environnement mais nous le façonnons et il nous façonne“. Un porte-parole du peuple Yanomami

Souvent dans l’imaginaire collectif la nature sauvage à l’état pur est dépourvue  de tout être humain. Alors qu’en fait, les peuples autochtones sont les gardiens de notre monde et ce depuis des millénaires. Depuis la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, les indigènes sont vus comme des sauvages ; En référence au documentaire de Raoul Peck, “Exterminons toutes ces brutes“, il nous montre bien que tout est histoire de récits ; Sous couvert de récit plaçant les colons  comme “bienfaiteurs ou protecteurs de la planète“ les peuples autochtones se voient expulsés et retirer de leurs biens communs, le plus souvent dans une violence sans commande mesure. C’est ici qu’on parle de colonialisme vert. Un mot barbare ou qui dérange ? Non l’histoire d’une vision de l’Occident…. Martin Lena, chargé de plaidoyer Survival International.  

“Se trouvant dans une situation d’abus systémique, ils sont plus de 14 millions à être expulsés de leur terre au nom de la conservation de la nature“ 

 “Décrire la nature sauvage comme vide d’êtres humains“ est une hérésie souligne Martin Léna, lors de son intervention au Festival Pete the Monkey, en juillet dernier, à propos de son ONG Survival International, défenseur des peuples autochtones depuis plus de cinquante ans. Il résume que Survival est “une plateforme de communication mettant en lumière la violation de leurs droits et autres atrocités commises contre eux. Se trouvant dans une situation d’abus systémique, ils sont plus de 14 millions à être expulsés de leur terre au nom de la conservation de la nature“.   

Les propos de Martin Léna ne sont pas tendres envers plusieurs ONG, comme WWF, WCS, Afrikaner Parks et autres financiers, pourvoyeurs de fonds, qu’il condamne avec fermeté. Donnant l’exemple du Parc de Messok Dja, où les ONG citées ont fait subir des violences massives avant même que le parc soit créée. Après enquête, le financement a été suspendue par l’Union Européenne. C’était en 2020. Autre exemple où subsiste un récit abscons et dénué de bon sens ; Martin reprend : “dans le Parc des Cévennes, les bergers façonnent la biodiversité alors qu’en Tanzanie, les Massaïs revendiquent aussi le pastoralisme mais sans succès , car au nom de la protection de la faune sauvage et du tourisme, ils sont expulsés de la réserve naturelle Ngorongoro“. 

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