Inspirations d’humeur responsable

alizée Bauer

Du Paysage à la Nature.

La photographie est une preuve de notre existence, témoin de ce que l’on voit, elle traduit davantage notre perception. C’est une prolongation du regard, à la différence qu’il permet d’être figé, puis observé, pour enfin être compris.

La photographie est ainsi un pont entre l’intérieur et l’extérieur, entre ce qui se trouve chez l’humain et la matière qui l’entoure.

La photographie dévoile ce qui est a priori absent, en figeant l’espace, elle nous montre ce que nous ratons.

Ainsi nous pouvons changer nos regards, et les ramener peut-être, à ce qui fait l’essentiel. En parlant ici d’essentiel, je me rapporte à l’Inné, ce qui vient en premier à nos débuts, mais se retrouve souvent effacé par ce que nous créons en grandissant. Ce qui au départ était Nature, devient pour nous, Paysage. Ce qui faisait un se sépare en deux, ce qui était vivant devient un objet du regard, une contemplation lointaine, une recherche esthétique dépourvue de vie.

En allant marcher dans les terres plus vivement habitées que les villes, je sens bien l’étranger que je suis devenu à ces environnements. Pourtant, en photographiant les brèches d’une montagne, je comprends que malgré nos dorures et la beauté qui nous reste, nous nous effritons et nous effondrons de la même manière. Puis, c’est en trouvant un chemin dans les bois, que je comprends que je suis à ce moment incapable de le suivre, je suis aussi froide que lui, et appelé par le fouillis des bois qui l’entoure.

Ainsi la nature me rejoint, je lui parle de mes inquiétudes et elle me renvoi à mes états d’âmes. Puis tout ceci finit par s’oublier, en essayant de photographier une vague, la mer m’enveloppe de ses embruns, me claque son énergie, fait frissonner mes sens, avant que je la laisser se retirer.

Alors je reviens avec ces instants figés, ils ont eu pour moi un sens, ils en auront pour vous un autre. Mais le plus important est de trouver depuis le fixe, ce frétillement du coeur, qui une fois étourdi, comprends les choses enfouis. Et si les sentiments rejoignent à nouveau la Nature, nous sauvons l’Homme de sa mécanisation, nous nous rendons la vie, nous nous extirpons du monde de l’utile, du traitement de la vie comme ressource. Dans cet espace sentient nous pouvons à nouveau regarder, sentir et plus que tout, respecter.

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